
Apres une trentaine de pages de lecture des portes de la perception je me sens curieusement très relaxé et conscient, peut être est-ce aussi l’ambiance de cette salle commune d’où les bulgares étranges sont partis sans plus de mots. Mo qui après avoir joué avec sa tablette entame une partie d’échec avec Ivo, gardien de ce refuge paisible, ilot entre le tapis de feuilles morte des Balkans que j’ai une grande envie d’aller explorer. Problème, je n’ai plus de chaussettes, elles sont toutes au lave-linge. Ivo a prédit qu’il allait pleuvoir vers les 2h, mais pas grave, j’irai quand la machine sera finie, rien que pour étendre mes affaires pour pas qu’Ivo n’hypothétiquement le fasse. J’ai le temps d'écrire sur les évènements qui se sont passé ces derniers jours, qui méritent d’être relaté et qui bénéficierons surement du recul et du calme que l’on peut gagner avec la vue lointaine dont je dispose dans ce refuge isolée des Balkans dans lequel j’ai atterris contre toutes attentes du "plan" que je m’étais fixé.
je me suis retrouvé au Macdo déjà repéré, voulant avaler un café et surtout quelque chose à manger rapidement tout en préparant mon voyage en autostop jusqu’à Sofia. Un ricain m’avais répondu positivement, sont profil est très long et relate facilement sa personnalité, il adore les langues et leurs études, il en parle beaucoup, il adore les gens aussi, il trouve absolument tout types de personnalités fascinantes et rêve de les rencontrer et de s’enfoncer dans leurs profondeurs. Tant mieux, j'ai pensé que c'était un aig. Il a copié collé 4 fois dans sa description un message proclamant qu’ils ne répondrait pas aux demandes des gens qu’il ne lirait pas son profil et ne veux aucun animaux mort chez lui (veggie), il a 21 ans et a déjà visité la moitié de la terre. C’était la seule réponse que j’ai eu et sa changerai d’adelin, de son indigence plus mentale et sociale que matériel. J'étais vraiment content de partir et de passer à un autre pays. J’ai vu tardivement dans le petit déj qui j’avais reçu un mail d’un quadragénaire me proposant de passer quelques jours chez lui à la montagne. Près de Sofia, dans les Balkans, l’annonce répétait plusieurs fois 1400 mètres d’altitudes et je me suis imaginé un allumé relativement amoureux de la nature proposant à un voyageur de passage qui rend public pour ce genre de raisons son tracé de voyage, pourtant édité la veille au soir. L’imprévu soudain. J'avais bien plus besoin d’air frais et de relaxation que de me retrouver assailli dans une autre capitale et j'ai pas hésité très longtemps. J'ai dit couchsurfeur de Sofia que j’ai besoin d’air pur et que je viendrais en fin de semaine. J’ai refait mes plans d’autostop qui restaient assez vague et j’ai pris le tram de 8h38 sur la place grise et sa fréquentation du matin pour me rendre à la bordure très tracé de la ville.
Bonne recommandation d’hitchwiki, dans cet endroit ou commencent les brumes de la plaine j’ai été pris tout de suite. Une BM avec deux types pas causant, de leurs mauvais anglais ok mais pas plus causant entre eux. Ils m’ont posé à Giorgio, ville frontalière, devant le péage du pont du Danube. J’ai traversé les postes de frontière le pouce tendu, un garde au milieu de rien m’a fait quelques blagues et c’est étonné de mon précédent visa américain puis m’a laissé continuer sur cette bande d’herbe marron de lignes droite sans vrais horizon. Juste avant le pont une voiture m’a embarqué, deux roms qui m’ont lâché après un rond-point de direction Sofia. La traversé du grand Danube gris était vraiment impressionnante, dans ce brouillard qui bouchait tout j’ai cru qu’on traversait la mer. Attendu un petit moment puis un mec m’a pris, j’ai d’abord cru qu’il m’emmenait jusqu’à Sofia ou il allait voir son fils mais il m’a lâché quelques kilomètres plus loin et m’a donné sa petite carte routière de la Bulgarie sponso Opel. J’ai relevé mon pouce à côté d’un mec en gilet fluo et avec une gueule vraiment défaite, poussant un gros caillou pour je ne sais pas où.. Une demi-heure et une fourgonnette professionnelle c’est arrêté pour me proposer de m’avancer à la ville où il se rendait. Accepté. Pas longtemps après le bouillard c’est dissipé et le soleil, parti depuis des jours et ses réflexions sur les restes de cotons fantomatique, flottant et invisible, m’a aveuglé pendant une heure. Un gentil mec, rangé mais le cœur sur la main et la bonté et l’optimisme en visée. Je me suis un peu forcé à raconter des anecdotes personnelles et à écouter les siennes, à sourire en anglais rudimentaire, alors que la sieste m’appelait. Il a fait le même trajet avec un autostoppeur irlando japonais couchsurfeur et autostoppeur, que personne ne semblait aimer. Il racontait comme il était rejeté dans ses pays d’adoptions et comme deux jours de suite il s’est fait racketter ses leiy par un gypsy puis son chauffeur de taxi. Il m’a raconté la fraternisation de son grand père avec un soldat français dans les tranchées de la seconde guerre mondiale, un mersi qui s’est logiquement conclut par un assaut. Il m’a aidé à échanger mes leiy et ma payé la bouffe et la bière au New York restaurant de Kazanluk. Je lui ai prêté le chargeur de mon rasoir pour son téléphone et je pense que le petit quicouillou en dessous du mini usb sert réellement de prévention, parce que son téléphone c’est mis à plus marcher. Je sais pas ce qu’il est advenu de son rdv pro sans son tel, cassé par un con d’autostoppeur. Il m’a posé à une station-service du mauvais côté de Kazanluk
mais je lui ai pas fait de remarque, l’ai remercié et ai attendue gentiment pendant une heure le pouce en l’air, regardant le soleil disparaitre derrière la chaine de montages au sud. J’ai entendu une voiture klaxonner une autre, un peu vener, j’avais pas vu qu’un mec c’était arrêté avec sa grosse BM et faisait une pittoresque marche arrière au nez de la merco qui sortait de son plein pour venir me chopper.
Donc je suis rentré dans la BM noire de ce mec.ça puait le foie et il m’a dit même avant que je le remarque qu’il était raide. On c’est pas compris sur ma destination et il a démarrer n’importe comment, faisant des grands écarts sur la route, poussant des accélérations alors que les voitures freinait devant lui. Il m’a dit qu’il était docteur anglo bulgare et qu’il avait joué de la guitare avec le guitariste des Clash quand il avait un groupe à Londres. N’écoutant que lui et Nick Cave a fond, quand je lui ai dit que je pouvais conduire il a pilé et c’est calé sur le côté de la route. Il m’a regardé dans les yeux, sous ses cheveux bouclés en brosse : « man if you feel insecure I advice you to go now ».
J’me suis senti comme le gentil autostoppeur qui monte dans la chevy du Dr Gonzo, anglais, sans son avocat. Je lui ai dit que c’était une proposition qu’il avait à prendre en considération mais que ça allait. Je pensais avoir plutôt peur en voiture, j’avais toutes les raisons pourtant. Ce mec sortait d’un weekend de 4 jours ou il avait fait que de boire du whisky et pas dormir mais il devait rentrer chez lui à Sofia pour bosser. Conduite catastrophique, j’ai eu raison de m’acheter un paquet de clope à la station-service. Il s’arrêtait souvent pour poser sa tête contre le volant et arrêtais pas de me répéter que Plovdiv était pas sur la route. Je lui disais que si, enfaite c’est moi qui me trompais mais de nom, là où je voulais aller c’était Pirdop. Aussi retardé que lui j'étais. J’ai fait le changement de destination dans ma tête mais lui a eu du mal. Il c’est arrêté au milieu d’une intersection, m’a suggéré de descendre parce qu’il voulait aller à Sofia en passant par Ploviv, sa ville natale et sa serai plus court car y aurait une autoroute donc on passerai plus par Pirdop, mais il voulait pas me laisser tout seul ici et voulais arriver le plus vite à Sofia, enfin plein d’incohérence. Je lui ai fait voir la carte et comprendre que c’était mieux de suivre Sofia pour aller à Sofia. Finalement j’ai pris le gros volant de sa BM et l’ai laissé dormir. Roulé à fond avec de grands dépassements un peu dangereux mais il a complimenté ma conduite dès qu’il en a eu l’occasion.
Il avait l’air plus détendu quand j’ai coupé le moteur une heure plus tard dans ce petit bled de Bunovo, sans aucune indications que c’était bien ce village. Il était en flip de reprendre sa voiture qui n’avait plus beaucoup d’essence, pas de pognons sur lui et il a essayé de m’en taxer mais je lui ai dit que ça le ferait. Je le pense d’ailleurs. Il était aussi beaucoup en flip de me laisser là tout seul. Ça m’inquiétais plus de le laisser lui dans sa caisse mais plus mon problème, je lui avais peut être déjà sauvé la vie. Il n’a pas voulu m’emmener là ou un français hésitant au téléphone m'a dit d'aller voulais à cause de l’essence et m’a laissé devant le monument au morts du village vidé. Un groupe de trois meufs âgées m’ont rejoint. Elles ne parlaient aucuns mots d’anglais. J’ai sorti mon guide de conversation pour basiquement communiquer et ai lancé un « suce ma bite salope » frontal dans un bulgare très hésitant. J’ai remarqué mon erreur quand j’ai vu qu’il y avait pas « bulgaski » dans la phrase que je venais de dire et que « je ne parle pas Bulgare » était la phrase gribouillé juste en dessus. Elles ont ri et pas compris ce qu’elles disaient, je me suis senti gêné et ai étouffé ma marrade. Smuchat mi kura kuchka, je m'en rappellerai.. Pas pu échanger un mot, elles ont fait que répéter « Evo Evo » je savais pas que c’était le nom du mec et l’ai compris au bout d’un moment. Toujours noter le nom du mec chez qui tu vas. On a Attendu une heure elles ont rouvert leur café et Evo et un campagnard bourru sont arrivés dans un van ferrailleux qui puait l'essence. Une demi-heure de chemin de montagne plus tard pendant lesquels je me suis dit que dans une journée comme ça il fallait pas être parano, je suis arrivé ici. On a mangé et bu et fumé jusqu’à tard.