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Salut poto
Rentre donc les infos que je t'ai fillé par email pour avoir la version crue
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Week end Bucarestois

grisaille

Samedi 18 à Bucarest, dans un bar à bière de la vieille ville.

Enorme l’arrivé chez Radu hier ! Il est descendu et à direct fait une allusion au chichon, et on n’a pas eu le temps de poser nos sacs qu’on était attablé avec ses potes à boire de la prune et du vin moldaves délicieux, tirer sur les pétards et baragouiner de l’anglais. Y’a une petite barrière avec la langue mais Radu parlait un bon français qu’il a appris en Belgique. Un mec bien et Un accueil à l'auberge comme ils devraient plus se faire. C’était la 4ème fois que les garçons venaient ici au Miramont pour passer la nuit et on a été accueilli dans la suite luxe pour moins cher que la chambre normale. On n’a pas passé une secondes dedans d’ailleurs. La troupe de potes étaient là pour préparer leur voyage en Thaïlande qui pourrait coïncider avec le mien. Rencontrer ces mecs-là à Bangkok pourrait être énorme ! J’ai joué de la gratte et de l’harmo, ce qui a fait partir presque tout le monde à leurs occupations mais ceux qui sont resté m’ont félicité et m’ont même balancé sur internet.
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Alors que tous se couchaient on a bougé au KulturAus, une boite souterraine et immense qu’on n’a même pas entièrement visité. On est rentré un peu frauduleusement je crois. C’était un peu ambiance ptite jeunesse dorée mais des belles caves et du bon son. Y’avais un nombre de salles différentes impressionnante. C’est un pote français aux garçons qui avait donné l’adresse et je pensais qu’il fallait lui faire confiance. J’pense qu’eux aussi ont bien kiffé leur dernière soirée.

Apres un domac léger, bonne Delirium pression dans un bar à bière sympa ou je peux brancher mon ordi, et j’attends des nouvelles de Adelin. Visiter la ville avec les gros sacs à dos c’était un peu lourd donc je suis bien ici, fumer des Dunhill, attendre des nouvelles et même si j’ai pas grande motivation pour écrire c’est plus facile que de parler aux gens. Je commence la grande aventure, Iassy c’était reposant et fraternel, Pour moi la grande liberté commence.

Y’a plus de mousse que de délirium dans ces pintes mais bon.. ptetre pas plus mal pour moi. J’attends des nouvelles et je resterai là je pense, un peu relou de bouger avec gros sac à dos, les gens regardent mes chaussures de marche qui pendent à mon sac un peu bizarrement.. Mais je devrais m’en foutre. Il à l’air d’y avoir une brume permanente sur cette ville, ça ne donne pas une grande motivation. La musique est cool dans ce bar et mon ordi charge alors.. Et je choppe internet du centre de rehab qu’il y a juste derrière.

17h44. Je me barre dans un quart d’heure ? Ou je reprends une Delirium ? Non ptetre pas sinon je vais délirer et tout seul. Et pourquoi pas ? Je ne sais pas encore le prix. Ou aller, dans un autre bar avec mon sac à dos ou Adelin sais pas où sa sera ? Moui, il a pas beaucoup de photos et aucune expérience CS donc c’est à voir. J’essaie de le reconnaitre parmi les Bogdans qui entrent dans le bar, y’en a un qui pouvais correspondre, il est rentré et à épié le bar dans lequel j’étais mais à pas regardé dans mon coin à même le comptoir devant les tireuses. Je lui ai lancé max d’eyescontacts pendant qu’il patientait devant la vitrine mais il ne les a pas relevés. Ses potes sont sortis du smokeshop d’en face et il est parti. Au pire si il se pointe jamais je pourrais retourner chez Radu pour la nuit, ça le fera rire de me revoir.

Putain y peux pas faire plus simplifié comme adresse ? Nike le taxi c’est des voleurs ici. Hier on l’a pris pour venir de l’auberge, 4,6 lei qui c’est transformer en 5, ok. Pour rentrer c’était nimp, un mec a voulu nous faire croire qu’il nous faisait une fleur en nous prenant pour 50 et tous avaient décuplé leurs prix. On est rentré à pied voilà monsieur ! Je vais voir comment on y va en tram.

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Ce samedi soir à vraiment été spécial et cette fin de Bucarest me laisse encore un gout étrange, comme de l’insecticide cramé étouffant. J’étais un peu sur la fin et le début de la pente en partant du centre historique. Je savais pas trop ou aller chopper le tram bien que j’avais déjà vue la petite place près de l’église SF Gehorge. Pas possible de prendre de tickets, laissé passer trois trams qui n’étaient pas les bons. J’ai demandé à des gosses sapé en ricain si y pouvaient me prévenir quand ça serai l’arrêt Teuil Domanescu, pas un mot d’anglais mais ils m’ont fait comprendre que c’était pas le bon tram. Un quadra dépressif est intervenu et m’a fait comprendre qu’il me dirait quand. Y’avais un jeune rom qui a pris ma clope juste avant de monter dans le tram alors que j’allais l’écraser et c’est tout l’ensemble des personnes qu’il y avait dans ce wagon tremblant. Arrivé dans un jardin de bloc j'ai appelé Adelin pour lui demander si il peut venir me chercher, répondu avec la même nonchalance.. Le premier mec ricain BMX à qui j’ai demandé, premier d’une longue série, m’a expliqué comment ça marchait les blocs d’immeubles, les secteurs et les paliers enfin j’ai rien compris et ai tourné dans ces tours de béton identiques, serré, sombre froide et désorientante pendant une bonne heure tout en demandant l’aide de tous types de personnes dont le clou a été un groupe de trente zonar de hall quarantenaire qui se sont embrouillé sur la position de la rue architecte Pete Antenescu. Si c’est lui qui a construit ça, je vois pas pourquoi on lui décerne une rue. Quand j’ai cru avoir trouvé j’étais pas au bon palier mais Adelin a pas bougé de son hall ou y’avais aucune inscriptions de toute façons. L’écrivain guitariste ? non, un grand steak un peu lourdaud comme je l’avais perçu mais rien à voir avec ce que laissait présager son profil. Il avait aucunes expériences aussi. Sans lever ses yeux de son ordi avec un écran d’au moins 21 pouces mais profond comme un lave-vaisselle, il a lourdement insisté pour que je me sape mieux si on voulait sortir ce soir. Ma chemise en jean Levi’s était très bien ! Il m’a fait un café sans me laisser le temps de le boire, mis sa cravate Cheap Monday bleu (ou imitation) et on est parti prendre le tram.

Première étape a été une cave ou un youngster posait de la hard tek. Il m’avait prévenu que ses copains étaient de gentils métaleux, j’y ai plutôt vu des teufeurs. L’un dansant la capuche sur les yeux arrêtait pas de me faire des mercis chinois quand je le laissais boire dans ma bière. Un grand métaleux chauve en cape de cuire et chaussure cuir à plaque de métal est rentré avec sa meuf, j’ai toujours pensé que ce genre de mec les tenaient en laisse je ne sais comment. Adelin connaissait bien le barman et le patron et on a sorti la bouteille de prune artisanale qu’il avait récupérée chez lui et mise dans mon sac. J’ai réalisé que j’avais vidé la poche principale mais pas la petite avant ou il y avait sans que je le sache mon passeport, resté toute la nuit dans cet endroit en marge. Le groboomboom rapide c’est marrant à danser parce que tu peux faire nimp sans trop de mal et de honte. La boite ou on est allé après passait du Rihanna avant qu’on arrive, ça s'entendait dans tous le bloc, mais ça a switché aux tubes roumains dès qu’on a franchi la porte. On a vu d’autres potes métaleux qui faisait bien plus gentils que les précédents. Quand y’a eu une chanson d’hard yeah, la salle c’est transformé en ventilateur de cheveux géant. De l’air partout et des cheveux qui volent. Pas resté longtemps on a fait un bar de hard tek mais vraiment sérieux/coincé, bizarre mix, ou Adelin voulait voir des potes, puis j’ai insisté lourdement pour chopper un truc à bouffer. A l’elephant, il a mis sa veste dans la mienne car le vestiaire à deux lei était obligatoire et je lui ai repayé des bières. Je m’en suis rendu compte qu’il était fauché, me taxer une clope a été la première chose qu’il m’a demandé et je l’ai pas vu sortir un ley de sa poche pendant cette soirée. C’est pas le fait, car je comprends.. c’est que j’avais parfois l’impression d’être plus sa vache à lait qui lui permettait de sortir, c’était pas hyper honnête. J’ai pas trop été rassuré du tout du long. Il connaissait quand même Loose Yourself presque par cœur, pas aussi bien que moi tho (je l’ai eu sur la feinte) On est parti de l’elephant parce que selon lui c’était trop crowded, plus de jeune riche et bien moins que le club de la veille) et on a enchaîné sur un autre, le plan A. On a vite retrouvé les gentils métaleux et dansé gentiment. Adelin a fait le ventilateur quand est passé Highway to Hell mais comme il avait pas de cheveux c’était pas terrible pour lui. On a commencé à se faire chier. On est donc retourné à la cave à 4 heure du matin ou pas grand-chose avait changé, moins de monde et des gens qui dormais je n’sais comment sur les bancs. La boite a fermé à 5h, on a commencé à parler politique et de « si j’avais un million je le poserai en suisse», partout pareil, et on a tombé la bouteille de prune. Les roumains en avaient un peu peur au début, ils disaient que ça jouait de salles tours. La boite à rouverte pas longtemps après qu’elle se soit vidée avec les mêmes personnes qui cherchaient un after, le patron était pas très content mais il venais de vomir et de se redroguer.. J’suis allé me reposer vers sept heures sur une banquette.

Ils m’ont réveillé à 8h et on est sorti dans le matin d’une blancheur épaisse bien Bucarestoise pour prendre le tram avec les plus vaillant de la cave. Le métaleux chauve était revenu et m’a fait voir les croix gammées qu’il avait tatooé sur son corps, puis m’a fait voir son mobile avec sa nièce, ou sa fille ? qui était la raison qu’il était plus nazi. Je lui ai dit que je comprenais qu’il soit plus nazi et il a pas arrêté de me faire des câlins musclés. Retour dans l’appartement de vieux d’Adelin, on a acheté des bières et finit le whisky et le vin que son coloc c’était mis de côté. J’étais étonnamment reposé et conscient contrairement à toutes les personnes présentes. J’aurai aimé prendre de la drogue dans la soirée, sa aurait été bien plus fou. Le vampire il c’était drogué, la seule fille présente aussi. J’ai eu un peu pitié du barman de la cave parce qu’il se faisait traité comme une merde un peu par tout le monde mais après passer du temps hors devant son comptoir, ils avaient bien raison. Un être perfide, un vautour nain sans plumage. Un vieux beauf était là par hasard et un métaleux qui avait passé quatre heures à dormir sur un canap, reposé aussi. On a pu échanger comme des hommes normaux dans un anglais respectable.Les autres se sont mis à se taper dessus violement avec des coussins, suivant Mr White Power qui faisait flipper tout le monde. Quand Adelin est allé se couché a côté de la fille, le führer a trouvé l’insecticide et son zippo et a fait tout ce qu’on pouvait faire de plus cons avec. Au début sans viser des gens, puis en les visant jusqu’en les forçant à prendre un drap pour se protéger, puis il l’a passé à tout le monde, puis en embuscade salle de bain pour en foutre plein la gueule au barman, puis sur les chaussettes d’Adelin alors qu’il dormait, puis il a fini par cramé son bras et là ça l’a réveillé J’essayais de m’extraire le plus possible de ces vapeurs puantes. Je me rappellerai toujours de la tête de mon hôte, toute barbouillé de rouge à lèvre à peine capable d’ouvrir les yeux, essayer de s’énerver. Finalement tous sont partis à midi laissant l’appart dans un bordel complet et puant. Simple spectateur comme je ne comprenais ni la langue ni les gens présent, mais je pouvais pas allé dormir avec tous ces mecs dérangé autour. J'ai attendu que tout le monde se barre pour aller me coucher et ai du mal à trouver le sommeil sur le canap du salon qui avait pris tant de flammes.

La journée du dimanche a été complètement vide de sens. Trois heures de sommeil dans le canap du salon puis errance sur internet, sans sortir de la pièce. Un peu effrayé, plus trop d’intérêt pour grand-chose et j’aurai aimé dormir jusqu’au lendemain pour partir, mais impossible de fermer les yeux. J’ai lu trois Nationals Geographic sur la Californie et ai pas mal tergiversé sur ce que je pensais de la soirée et de mon hôte. Avec plus de recul je suis plus modéré que je l’ai été sur sa pauvre personne. J’étais tendu, l’impression d’être Ananda en blocage de caféine. Essayé de dormir toute la fin d’aprèm, j’ai lu le bouquin chiant de Kerouac en écoutant joanna newsom, j’ai regardé un clip de Sigur Ros, chercher les techniques de relaxations et surtout j’avais pas envie de croiser le balourd. Il s’est levé à 10h regrettant son sinistre appartement qu'il venait de nettoyer. Pour noël ils ont fini par une bataille de boules de sapin et le verre était resté jusque-là. J’étais finalement rassuré de lui parler mais même si c’était court. Il a voulu rejoindre ses potes mais il a pas pu retrouver sa veste avec ses clefs dedans. Il a retourné son appart et rien Soit quelqu’un lui a endormis quand on est rentré chez lui, soit mal herché, mais y'avais pas tellement d'endroits ou le cacher. Il était pas si énervé. Il attendait que je laisse mon portable allumé pour lui ouvrir et à choppé ma veste. Finalement il est rentré vers minuit, heureusement je dormais pas encore. Re-faisant des centaines d’analyses et après une bière sans alcool (qui était l’aliment principal d’Adelin) j’ai trouvé le sommeil vers deux heures du matin, épuisé. J’avais vraiment l’impression d’avoir été drogué à la soirée de la veille, pas sommeil, rien mangé, angoisses, paupières qui veulent pas se fermer et cœur qui bat, paranoïa, y manquait juste les effets cools sur la bringue. Le néonaz m’a un peu fait flippé et je les ai trouvé un peu vide, ces gens, ça m’a laissé une impression étrange de la Roumanie, un peu grisé. Iassy a été une étape plutôt tranquille, une transition entre la France encore bien présente grâce à internet et à un temps disponible assez important.

La Roumanie a été l'introduction. Sur le plan personnel il me fallait un peu de temps pour partir de Sainté, me mettre dans la tête du voyageur et se tourner vers l'est. J'suis pas resté très longtemps finalement, puis l'hivers dans ces contrée est pas le plus drôle, pas la bonne période mais je suis content d'avoir vu martin "chez lui". Y sont quand même très pieux ces roumains. Quand je suis rentré dans la grande cathédrale de Iassy, un chemin de croix était prédéfinit et tout le monde baisait les tableaux, les mains du pope. Même les chauffeurs de bus faisaient le signe de croix quand ils passent devant les églises. J’aurai du me planter devant une et faire des stats sur combien font leurs processions. A priori ça rend pas les filles très farouches. J’étais rassuré en quittant la grisaille de Bucarest même si je partais vers le grand inconnu. Je me suis pas senti à l'aise dans cette ville. Le temps y a beaucoup joué aussi pas la bonne période. Elle m'a fait penser à Midgar dans Final Fantasy VII, grise, fonctionnelle et froide, et sans lumière vives chez ses pauvres habitants qui rêvent d’ailleurs. Ils ont rasé les trois quarts du centre historique pour construire des blocs coco et le palais immense de Ceausescu, mauvais choix. Puis ils ont construit des secteurs numérotés autour de ce noyau, un peu en pétale de marguerite. Un tram traverse tous les secteurs en leur centre et ils sont en train de développer leur réseau de métro. Mais clairement j'suis pas resté assez longtemps et comme souvent, c'est les occasions qui font les lardons. L’impression qu’ils ont fait pas mal de mauvais choix durant l’histoire mais ils sont vraiment fier d’être européen, c'est déjà ça. Ça n’a vraiment pas le même sens pour un pays de l'ouest que de l'est. Mais j'aurai pas aimé bossé sur Bucarest. Iassy, bien que plus tranquille semble être plus agréable à vivre. Et en terme géographique, plus de colline, les Carpates ne sont pas loin et c’est vraiment situé aux confins de l’Europe, ce qui est assez stylé. Et vu les bleds qu’on a traversé en train, y’a encore à faire. Mais ils sont dans le système global. Quand la charrette a été interdite comme mode de transport en ville, tous les propriétaires ont amené leurs canassons à l’abattoir pour gagner du fric, le cours de la viande de cheval à chuter jusqu’à devenir moins chère que le bœuf et s’est retrouvé dans les raviolis de l’Europe occidentale. Une position européenne, certes encore aux frontières économiques dont la crise a stoppé la croissance fulgurante qu'elle avait prise. C’est à ça qu'étais censé servir l’Europe non ? Mais depuis 2008 l'investisseur est inquiet et le pays stagne. Je sais pas trop quoi en penser, je lirai les programmes pour les constitutionnelles et pourrais mieux en parler.

BULGAAAASKI


Iassy ça se prononce YACH